Quitte à être dans la région autant renouer des contacts avec la famille. Après avoir rencontrer Alain (gérant d'Artifuste), un oncle par alliance. Voici venu le temps de redécouvrir un autre oncle par alliance : Christian.
Eternel contestataire, révolutionnaire (sur écoute ?); il est ariégeois. Ceux qui connaisse l'Ariège ne seront pas surpris.
Ce fut une semaine riche... trop peut-être. Impossible de retenir les multiples enseignements de Christian mais je pense (espère) en avoir retenu l'essentiel. Il m'a demandé a minima de retenir cette adage des compagnons : "Flattes l'oeil pas le niveau". En gros pour faire quelque chose de joli il ne faut pas être un ayatollah de la précision. Force est de constater qu'il faut nuancer le propos pour que la maison puisse tenir debout longtemps mais j'aime cet esprit.
Au programme, une semaine de vie dans une petite ferme bio : sortir les vaches, les brebis, livrer du bois de chauffage, retaper l'habitation et l'étable pour préparer l'hiver. Et un supplément local avec la construction d'une charpente pour mettre à l'abri un ancien four à charbon pour le village d'Aleu. Bref du boulot !
Quelques photos de la charpente en bois massif pour dire que j'ai appris la technique de base : potence, contre fiche, embrèvement...
Le chantier qui m'a fortement intéressé pendant cette semaine ce fut les chantiers de toiture. Sur l'appentis du voisin de Christian et sur son propre toit.
Sur celui du voisin : rien de plus que la pose d'une étanchéité via une chape de bitume sur le lambris intérieur. Oui parce que c'est appentis pour stocker du bois. Inutile d'isoler. Par la suite Christian posera des tuiles d'ardoise.
Sur le toit de Christian : il nous a fallut passer d'une toiture à tuiles à une toiture végétalisée.
J'avais réalisé une étude pour le compte de l'EPAPS quand j'étais au sein d'une autre ville afin de comprendre les tenants et aboutissant de la toiture végétalisée. Evidement passer à du concret fut un accomplissement pour ma part (même si nous n'avons pas pu mettre la terre...).
Bref du coup nous avons procéder à la dépose (de la neige) des tuiles et des liteaux, au renforcement des chevrons (car le poids sera plus important avec la terre). Ensuite nous avons positionné une couche d'isolant pare-pluie en laine de bois haute densité, lui même recouvert d'OSB. Mais attention, entre l'OSB et le panneau HDF il y a des "6/4" (morceau de bois de 6cm de large et 4 de largeur). Cela permet d'utiliser l'air comme isolant et de ventiler le cas échéant.
Parce que Christian aime à dire qu'il est un artiste, nous avons aussi mis en oeuvre des planches de rives tenues notamment par des clavettes (et à ce moment une musique enchante mon oreille : "Flattes l'oeil pas le niveau").

Sur ces deux dernières photos, on voit la planche de rive avec les clavettes à gauche de la première. Sur la même photo, à droite on repère la superposition des matériaux effectuée : Chevron / panneau HDF / 6-4 / panneau OSB / chape bitumée. L'autre photo permet de se représenter la vue de "face".
Je suis content d'avoir eu l'occasion de bosser sur une toiture. Tout comme le sujet des fondations, ce sujet faisait partie des zones "floues" de la construction.
Un énorme merci à Christian pour tous ces éclairages.
Christian était un AMO en éco-construction. Artisan, il avait atteint, en fin de carrière dans le bâtiment, une connaissance si pointue qu'il conseillait ses clients de la phase de conception à la réalisation. Avec toutes les anecdotes racontées j'ai compris plusieurs choses :
/ l'isolation est le nerf de la guerre. Sans cela, il y aura toujours plus d'énergie consommée pour se chauffer, se refroidir, de ventiler...
/ chaque projet à sa particularité et le système adéquat doit être trouvé en fonction de l'ensoleillement, du sol, des usages... bref du contexte
/ deux impératifs en construction : "sortir du sol" (se désolidariser pour éviter toutes les remontées capillaires via un filtre anti capillarité justement) et "se protéger de l'eau".
A ciao bonsoir,
Puis parce que un rappel de la différence entre
innovation et progrès est importante (et que le logos à pris une importance démesurée) je vous invite fortement à vous régaler autant que moi j'ai pu le faire avec cette introduction d'Etienne Klein (que j'admire tant) pour une journée de conférence au centre "Léonard" :
Faire progresser l'idée de progrès.
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